CAP CREUS
Après plusieurs jours de navigation entre le golfe du Lion et la frontière franco-espagnole, l’expédition progresse désormais vers le Cap de Creus, dernier promontoire des Pyrénées plongeant dans la Méditerranée.
Classé parc naturel maritime et terrestre depuis 1998, le Parc naturel du Cap de Creus constitue l’un des espaces protégés les plus emblématiques de Catalogne. Il s’agit du premier parc maritime-terrestre de la région, reconnu pour la singularité de ses paysages, sa forte exposition à la tramontane et la richesse de ses écosystèmes marins et côtiers.
La zone comprend également des secteurs à protection renforcée, dont des réserves naturelles intégrales où les dynamiques écologiques sont strictement préservées.
Ces caractéristiques en font un véritable laboratoire naturel à ciel ouvert, où se concentrent les interactions entre courants, reliefs sous-marins abrupts et biodiversité pélagique.
C’est dans ce contexte que l’expédition traverse actuellement les zones de canyons sous-marins reliant le golfe du Lion au nord de la Costa Brava, un corridor écologique majeur pour les espèces marines migratrices.

C’est dans ce contexte que l’ATARAXIA poursuit sa route, entre zones d’observation et points d’écoute scientifique.
Une journée structurée à bord
La journée débute à bord avec un point d’organisation et d’ajustement des protocoles. Les conditions météorologiques sont prises en compte en continu, avec une évolution annoncée du vent en fin de journée. Les équipes adaptent ainsi le programme pour privilégier les zones prioritaires d’acquisition de données.
Le point hydroacoustique H4 est maintenu comme objectif principal de la matinée. Une écoute de 10 minutes est réalisée moteur coupé, permettant d’enregistrer l’environnement sonore sous-marin dans une zone de canyons.



Observations en mer
La navigation se poursuit ensuite en mode observation au-dessus des têtes de canyons.
Les relevés effectués au cours de la journée mettent en évidence une activité biologique significative avec l’observation d’un dauphin en déplacement, plusieurs poissons lunes (Mola mola) observés en surface
- présence de deux rorquals communs (Balaenoptera physalus) en déplacement dans la zone de transect
- observations répétées de puffins de Scopoli (Calonectris diomedea) et de puffins yelkouan (Puffinus yelkouan), espèces caractéristiques du large méditerranéen
- vols réguliers de plusieurs oiseaux marins le long de la zone d’étude

En fin de journée, une nouvelle observation opportuniste de rorqual commun vient confirmer la présence de grands cétacés dans ce secteur de transition écologique


Adaptation aux conditions météorologique
En fin d’après-midi, les conditions de navigation évoluent avec une mer progressivement formée et une augmentation du vent en zone ouverte. L’équipage adapte alors sa trajectoire afin de rejoindre une zone de mouillage protégée au niveau de Badia de Guillola, en périphérie du Cap de Creus. La sécurité est une priorité en co-navigation pour permettre la continuité du travail de terrain.

Contribuer à la recherche scientifique en mer
Cette troisième journée de l‘Expédition Méditerranée 2026 et le partage des équipes en mer aux équipes à terre via les moyens de communication montre la nécessité des ajustements permanents, arbitrages entre protocole et conditions météorologiques, et maintien de l’effort d’observation dans un environnement instable.
Elle confirme également la richesse biologique des zones de canyons traversées, où les observations montrent la diversité des espèces pélagiques, oiseaux marins et grands mammifères marins.
