Déploiement des capteurs d’ADN environnemental en mer
Dans le cadre de l’Expédition Méditerranée 2026, l’équipage met en œuvre le protocole de prélèvement d’ADN environnemental (ADNe) développé par le CEFE.
Cette méthode permet de détecter la présence d’espèces marines grâce aux traces génétiques laissées dans l’eau : mucus, cellules, déjections, fragments biologiques microscopiques…
À bord, ces prélèvements sont réalisés directement en navigation afin de compléter les observations visuelles et acoustiques menées sur les transects et points hydro. Les capteurs sont immergés à la dérive sur une durée de 8 heurs dans l’eau, à bâbord ou tribord du bateau. Les membranes de ces capteurs sont en polymère de plastique. Ces filtres sur mesures sont réalisés par impression 3D des boitiers. Chaque équipage doit réaliser un prélèvement sur leur semaine de mission.
1. Préparation des chaînes de capteurs
Chaque capteur est composé :
- d’un boîtier en deux parties,
- d’une membrane filtrante en PAN : La membrane filtrante en PAN est un filtre très fin fabriqué à partir de poly acrylonitrile (PAN), un matériau utilisé pour ses propriétés de filtration et sa résistance en milieu humide. Immergée dans l’eau de mer pendant le protocole ADNe, cette membrane agit comme un “piège” microscopique : elle retient les particules biologiques présentes dans l’eau, comme des cellules, fragments de peau, mucus, micro-organismes ou traces laissées par les espèces marines. Une fois récupérée, la membrane contient donc des traces d’ADN environnemental qui pourront ensuite être analysées en laboratoire afin d’identifier les espèces ayant fréquenté la zone échantillonnée.
- fixée à l’intérieur du dispositif.
Avant toute manipulation, l’équipe enfile des gants stériles afin d’éviter toute contamination des échantillons. Les capteurs sont ensuite fixés sur une chaîne à l’aide de serre-câbles. Trois capteurs sont installés par chaîne (“triplicats”), espacés de plusieurs maillons pour éviter qu’ils ne se touchent pendant la navigation.


📷 Seaquarium Institut Marin
Un poids est fixé en partie basse afin de maintenir la chaîne immergée sous la surface.
La partie supérieure est reliée à une ligne de traîne fixée au voilier, avec des flotteurs permettant de stabiliser l’ensemble pendant le déploiement.

2. Déploiement en mer
Une fois le système préparé, la chaîne est mise à l’eau pendant la navigation.
Le dispositif peut rester immergé plusieurs heures afin que l’eau de mer circule naturellement à travers les membranes filtrantes.
Pendant cette phase :
- le bateau poursuit sa navigation scientifique,
- les observations visuelles continuent,
- les points hydroacoustiques sont réalisés en parallèle.
L’objectif est de collecter un maximum de traces génétiques présentes dans la colonne d’eau.


Les équipes enregistrent également :
- le point GPS de départ,
- l’heure,
- les paramètres environnementaux,
- les conditions météo et de mer.


📷 Emilie notant les paramètres scientifiques à bord.
3. Récupération des capteurs
À la fin du déploiement, les chaînes sont récupérées à bord avec précaution.
Un espace propre est préparé avant toute manipulation :
feuille d’aluminium, matériel nettoyé et gants stériles.
Les capteurs sont ensuite ouverts un par un à l’aide d’outils spécifiques afin d’accéder aux membranes filtrantes.



📷 ouverture des capteurs sur une surface propre.
À l’aide d’une pince stérile, chaque membrane est retirée puis placée dans un tube Eppendorf contenant une solution de conservation appelée Longmire.
Ces membranes contiennent les traces ADN collectées en mer.



📷 Amélie conditionnant les membranes dans les tubes Eppendorf.
4. Annotation et conservation des échantillons
Chaque tube est soigneusement annoté :
- date,
- heure,
- zone de prélèvement,
- numéro d’échantillon.
Les échantillons sont ensuite stockés à l’abri de la lumière avant leur transfert vers les laboratoires partenaires.

L’ensemble du matériel réutilisable est enfin désinfecté afin d’éviter toute contamination entre deux prélèvements.
Une aventure à suivre sur les réseaux sociaux du Seaquarium Institut Marin :