Hitomi Takeda, artiste invitée au Seaquarium Institut Marin
Du 07 février 2026 au 01 janvier 2027
Le Seaquarium Institut Marin a le plaisir d’accueillir l’artiste japonaise Hitomi Takeda pour une résidence d’un an, installée à l’extérieur des cabanes du requinarium. Sa présence s’inscrit dans la continuité de son travail mené en synergie avec l’exposition « Le secret des algues marines » présentée au musée de Bouzigues.
Un parcours entre le Japon et la France
Née au Japon en 1974, Hitomi Takeda s’installe en France en 1996. Elle obtient en 2003 son Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique avec mention du Jury.
Dessinant depuis l’enfance, elle évoque souvent un geste fondateur : sa mère lui apprend très tôt à tailler ses crayons avec précision à l’aide d’un cutter. Depuis, ce geste est devenu un rituel. Avant chaque dessin, elle commence par tailler la pointe de son crayon. C’est là que naît son sens aigu de la rigueur et du détail.
crédit : Hitomi Takeda (non libre de droit)
« Il est fondamental pour moi, avant de concevoir tout travail artistique, de puiser en moi une écriture intime. À partir de ce récit personnel, j’essaie de réaliser un travail qui prendrait la forme d’un récit universel touchant un large public. »
crédit : Hitomi Takeda (non libre de droit)
Les algues, point de départ d’un univers artistique
Un soir d’été, une amie lui fait découvrir, à travers un magazine, la technique de création d’un alguier. Fascinée, elle se lance. Son premier herbier marin est composé d’algues ramassées à marée basse, de feuilles bristol, d’une montagne de papier absorbant et d’un gros caillou plat.
Elle est frappée par la diversité des formes et des couleurs des algues, qui se conservent ainsi, alors qu’à l’air libre elles noircissent et se fripent. Elle commence alors à les dessiner au crayon, donnant naissance à une série d’œuvres délicates et minutieuses.
Dans le cadre de sa présence au Seaquarium Institut Marin, Hitomi Takeda présente :
Trois sérigraphies issues d’un projet monté en 2018 : Vert luisant, Rouge baisers et Pourpre dans le cadre de l’exposition » Le secret des algues marines »
Six dessins noir et blanc de la collection « Alguier »
Une grande œuvre en noir et blanc issue de la collection « Printemps Bleu », inspirée des algues et des paysages de Bouzigues
À propos de cette création, elle confie :
« J’ai été guidée par les photographies de Patrice Terraz qui avait réalisé des clichés de mes enfants ramassant des algues. »
La collection « Printemps Bleu »
La collection « Printemps Bleu » occupe une place centrale dans son travail récent. Au Japon, tout ce qui se passe à l’intérieur d’un ou d’une adolescent·e est comparé à ce qui advient au début du printemps. L’adjectif « bleu » évoque quelque chose de frais, juvénile et en évolution.
Le mot japonais désignant la puberté (shishunki) signifie littéralement « le temps de désirer le printemps ».
Extrait grande œuvre exposée de la collection « Printemps bleu »
crédit : Hitomi Takeda (non libre de droit)
À travers cette série, Hitomi Takeda interroge la jeunesse :
« La question de la jeunesse est fascinante. Que faire de cette jeunesse ? De sa vulnérabilité ? De l’échec scolaire ? De la délinquance ? En tant qu’artiste, en tant que mère et en tant que femme, j’ai commencé à les dessiner. »
Depuis plusieurs années, elle mène également des actions culturelles et anime des ateliers auprès d’enfants et d’adolescent·es dans des structures dites défavorisées. Lors de ces ateliers, elle installe son matériel, taille ses crayons, puis accueille des élèves parfois réticents. Mais dès qu’ils commencent à dessiner, la magie opère :
« Quand ils commencent à dessiner, ça va tout seul… J’adore ces moments-là. Et croyez-moi, ils dessinent tous ! Et ils parlent, ils parlent en dessinant, ils racontent leurs vies. »
La collection Yōkai : entre tradition et imaginaire
Pendant la crise du COVID-19 en 2020, Hitomi Takeda se replonge dans l’univers des Yōkai (妖怪), créatures surnaturelles du folklore japonais.
Les Yōkai peuplent l’imaginaire collectif : ni totalement bons ni totalement mauvais, ils sont tour à tour farceurs, bienveillants ou terrifiants. Ils permettent de donner une forme aux phénomènes étranges et inexpliqués. Selon une vieille croyance japonaise, certaines nuits d’été, ils défilent dans les rues de Kyoto lors d’une parade nocturne mystérieuse.
Ce mélange d’influences – culture japonaise, jeunesse, transmission, algues, paysages méditerranéens – nourrit l’ensemble de son œuvre.
crédit : Hitomi Takeda (non libre de droit)
C’est cette richesse d’univers et cette sensibilité singulière que le Seaquarium Institut Marin est heureux de partager avec ses visiteurs.
Pour en savoir plus sur le volet Art & Sciences au Seaquarium
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