L’hydroacoustique est une méthode d’écoute passive du milieu marin qui consiste à enregistrer les sons sous-marins à l’aide d’un hydrophone, afin d’identifier la présence et l’activité de la faune marine (mammifères, poissons, céphalopodes) mais aussi de caractériser l’environnement sonore (bruit de fond, trafic maritime, conditions de mer).
Sur l’expédition, les enregistrements sont réalisés point par point sur des positions GPS prédéfinies, moteur coupé et bateau en dérive, afin de limiter au maximum les bruits parasites. Chaque session dure 5 minutes en absence de signal biologique et peut être prolongée à 10 minutes en cas de détection d’activité animale. Le protocole a été établi et enseigné aux équipes par le bureau d’étude Aquasearch. Les données leur seront transmises pour analyses.






L’hydrophone est immergé au vent du bateau, relié à un enregistreur audio (format WAV) synchronisé avec le GPS. Les données sont ensuite sauvegardées, géoréférencées et analysées en laboratoire.





Une Méditerranée « bruyante »
Les premiers enregistrements réalisés au large de Barcelone montrent un environnement acoustique fortement influencé par le trafic maritime. Cargos, ferries et navires commerciaux génèrent un bruit de fond continu, typique des zones côtières très fréquentées. Cette pollution sonore peut masquer ou perturber les communications des espèces.
Malgré ce contexte, plusieurs signaux biologiques ont été détectés au cours des premiers points acoustiques de l’expédition :
- vocalisations compatibles avec des cétacés (dont des dauphins observés visuellement à plusieurs reprises),
- indices acoustiques potentiels associés à un rorqual commun,
- sons encore en cours d’analyse, parfois difficiles à distinguer du bruit de navigation.
« Entre les bruits de coque et ce que l’on pensait être des sifflements, on ne sait pas toujours reconnaître ce qui vient du bateau ou du vivant », confiait l’équipage après une session d’écoute.



Matériel utilisé à bord fourni par Aquasearch:
• Hydrophone immergé
• Enregistreur audio numérique (format WAV)
• GPS de navigation
• Casque d’écoute filaire
• Fiches terrain de suivi scientifique
• Cartes mémoire et double sauvegarde des données



Chaque enregistrement est précisément référencé sur une fiche de suivi scientifique : date, numéro du point, heure de début et de fin, coordonnées GPS de départ et d’arrivée, ainsi que les éventuelles remarques de terrain (conditions de mer, détection acoustique, trafic maritime…).
Pourquoi écouter la mer ?
Hydroacoustique permet d’accéder à une dimension invisible de l’écosystème marin. Là où l’observation visuelle est limitée par la distance, la météo ou la lumière, l’écoute révèle une activité continue, souvent insoupçonnée.
Ces données complètent les observations visuelles et les prélèvements de plancton et d’ADN environnemental, pour des suivis et des données relevées complémentaires et indispensable pour étudier et recenser la biodiversité marine présente et des pressions humaines en Méditerranée occidentale.