Alors que le soleil se couche sur le littoral camarguais, une tout autre vie s’éveille sous la surface.
Dans la continuité des plongées initiées en 2025 et 2026 en Black Water, les équipes de plongeurs du Seaquarium Institut Marin se sont immergées au large du Grau-du-Roi pour documenter la vie nocturne du plancton.
Une immersion en pleine eau
Après les phases de pratiques lors de l’Expédition MEDITERRANEE 2026 et de photographies prises lors de plongées de nuit, le Seaquarium Institut Marin poursuit le déploiement des observations en Black Water sur son territoire local au large de la baie d’Aigues Mortes dans le Golfe du Lion.
Mercredi dernier, juste avant la plongée, la navigation vers le point d’immersion a offert aux équipes les images de quelques thons en chasse bondissant hors de l’eau dans la lumière dorée du soleil couchant.

Une fois les lumières installées sous le bateau pour créer le point d’ancrage visuel dans la nuit, et les lampes de plongées allumées les plongeurs se sont immergés pour une session de 77 minutes dans une eau à 19 °C, de la surface jusqu’à 12 m et 100 m de profondeur sous leurs palmes.
Qu’est-ce que la plongée Black Water ?
Cette technique consiste à plonger de nuit en pleine eau, au-dessus de grands fonds ou en zone pélagique. Privés de repères visuels fixes (sans fond ni paroi), les scientifiques et photographes peuvent observer la migration verticale nocturne du plancton. Chaque nuit, de nombreux organismes quittent les profondeurs pour remonter et s’alimenter près de la surface.


crédits images : Cannelle Denaes
Techniquement
Le bateau dérive avec le courant, tandis que des projecteurs sont placés dans l’eau pour la sécurité des plongeurs, afin qu’ils puissent s’orienter grâce à cette lumière, elle est leur repère visuel sous l’eau.
Les plongeurs nagent autour des projecteurs du bateau tout en restant proches les uns des autres sans se laisser dériver par les courants invisibles. Avec leurs lampes, ils observent les petites créatures pour les photographier.
Sur le bateau, le pilote et une personne supplémentaire assurent la sécurité en surface consistant à garder à l’œil le déplacement des plongeurs sous la surface.
Premières observations : une biodiversité minuscule et foisonnante
Contrairement à de précédentes sorties, les post-larves de poissons benthiques et pélagiques se sont montrées discrètes,

à l’exception remarquable de jeunes apogons (Apogon imberbis), reconnaissables à leurs grands yeux et à leur couleur orange.
crédit image : Elodie Sene
En revanche, le cortège de plancton non-poisson s’est révélé d’une richesse exceptionnelle. L’œil des plongeurs, désormais aguéri au cadrage macro en apesanteur, ont pu identifier et photographier :
- Des siphonophores : des colonies de siphonophores calycophores aux structures gélatineuses géométriques, ainsi que des spécimens « pêcheurs » déployant leurs filaments urticants. Les filaments forment un filet invisible sous l’eau qui capture le plancton, les crustacés ou les petits poissons. Une fois paralysée, la proie est ramenée vers les polypes spécialisés dans la digestion

- Physora hydrostatica: ce siphonophore spectaculaire a été immortalisé lors de cette plongée, une nouvelle observation pour cette deuxième Black Water des équipes du Seaquarium.
- Le micro-zooplancton : de nombreuses micro-méduses, des crevettes pélagiques ainsi que des radiolaires, ces organismes unicellulaires dotés d’un squelette siliceux.






Des données pour la connaissance du littoral
Ces sorties en mer ne se limitent pas à la quête photographique : chaque cliché pris dans l’obscurité vient enrichir les banques de données scientifiques locales et contribuer au recensement de la biodiversité marine (INaturalist).

Le plancton est un maillon indispensable de la chaîne alimentaire. Ces prélèvements et observations permettent de veiller sur l’évolution du zooplancton au fil des saisons, dans une ère où tout change très vite.
Plongeurs présents : Cannelle Denaes, Jeremy ferrier, Elodie Sene, Skander Bouderbala


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Retrouvez les plus beaux clichés pris en vision nocturne par les photographes Anthony Berbérian et Stéphane Jamme, au sein de notre exposition grand format « La Nuit du Plancton ». 24 photographies XXL, à découvrir en accès libre et gratuit tout autour du Seaquarium Institut Marin jusqu’au 3 novembre 2026.
