Un protocole standardisé inspiré du programme européen ESAS
Le Seaquarium Institut Marin a réalisé aujourd’hui la première sortie en mer de son programme annuel de suivi ornithologique. Cette mission inaugure une série de suivis mensuels destinés à documenter la présence, la distribution et les dynamiques des oiseaux marins au large du banc de sable de l’Espiguette, à l’échelle du littoral gardois.

Un protocole scientifique de référence européenne
Le protocole mis en œuvre est directement inspiré de la méthodologie European Seabirds at Sea (ESAS), référence européenne en matière d’inventaires standardisés des oiseaux marins en mer.
La méthode ESAS est appliquée dans de nombreux pays européens afin d’évaluer la distribution des espèces, d’identifier des zones marines d’importance écologique et d’appuyer la désignation d’aires marines protégées. En Grèce, elle a notamment été mobilisée dans le cadre de projets LIFE Natura 2000 portés par la Hellenic Ornithological Society et la Hellenic Society for the Study and Protection of the Monk Seal, contribuant à l’amélioration des connaissances sur plusieurs espèces prioritaires méditerranéennes.
Ce protocole standardisé repose sur
- des observations en navigation selon des transects définis,
- un enregistrement rigoureux et géolocalisé des données,
- une structuration compatible avec les outils SIG (Systèmes d’Information Géographique),
- un pointage spatial par le biais de l’application ObsEnMer permettant d’identifier les zones de concentration et les habitats fonctionnels.
En s’appuyant sur cette méthodologie reconnue, le Seaquarium Institut Marin inscrit son action dans un cadre scientifique harmonisé à l’échelle européenne.
Une adaptation aux spécificités du littoral gardois
Le protocole a été adapté aux caractéristiques géographiques et écologiques du littoral de l’Espiguette.

Les sorties en mer suivent des transects en forme de triangle comprenant :
- un premier segment au large (jusqu’à 6 000 nautiques pour ce premier suivi),
- un retour vers les bancs de sable,
- puis un retour au port A pour cette première sortie.
Cette configuration permet d’alterner observations pélagiques et côtières afin de couvrir l’ensemble des habitats marins fréquentés par les espèces présentes dans le secteur.
Organisation et méthodologie de terrain
Chaque mission mobilise une équipe de trois personnes :
- un pilote,
- deux observateurs équipés avec appareil photo pour identification par l’mage et jumelle.



Les observations sont réalisées en navigation continue, à une vitesse moyenne de 20 nœuds. L’ensemble des espèces identifiées dans un champ d’observation de 180° à l’avant de l’embarcation est recensé.
Données collectées
Les informations recueillies pour chaque observation comprennent : la date, la position GPS, les conditions météorologiques, la température, la fréquentation du site, l’espèce observée, le nombre d’individus, l’âge (lorsqu’identifiable), le comportement (en vol, posé, en alimentation, etc.).



Les données sont relevées sur fiche terrain puis saisies sur la plateforme ObsEnMer via tablette connectée au GPS, garantissant précision, traçabilité et sécurisation des enregistrements.
Matériel mobilisé : GPS embarqué, jumelles d’observation, appareil photographique, tablette numérique avec application ObsEnMer


Une contribution à la connaissance et à la conservation
La mise en place de ce suivi mensuel vise à continuer, pour le Seaquarium, d’améliorer la connaissance de la biodiversité marine locale, identifier les zones de forte concentration d’oiseaux marins, mieux comprendre les dynamiques saisonnières et migratoires, nourrir la donnée pour permettre une meilleure gestion et conservation du milieu.
En adoptant un protocole adapté au contexte régional, le Seaquarium Institut Marin renforce ses missions d’intérêt général en faveur d’une meilleure connaissance, de la sensibilisation et de la protection du littoral gardois et de ses écosystèmes marins.